Politiques et plans sectoriels >> Gestion en ressources
halieutiques
La pêche commerciale à été « introduite » au Burkina Faso (ex. Haute Volta)
dans les années 1950 par le colonisateur qui a fait appel aux pêcheurs étrangers
(Bozo, Somono, Djerma et Haoussa) non seulement pour l’exploitation des cours
d’eau (fleuves, rivières, mares,...) mais aussi pour apprendre le métier aux
autochtones. Pendant ce temps, la pêche était pratiquée de façon coutumière dans
les plans d’eau résiduels. En cela, il n’y a pas une véritable tradition de
pêche au Burkina Faso compte tenu probablement des disponibilités limitées en
eau de surface, des pesanteurs socio-culturelles et le peu d’importance accordée
à cette activité de la part des administrations. Elle a toujours évolué dans un
cadre informel.
Au regard des difficultés économiques que rencontre le pays et l’insuffisance
des apports des secteurs traditionnels (agriculture notamment), le gouvernement
s’intéresse de plus en plus à toute ressource qui peut contribuer à la sécurité
alimentaire et partant à la lutte contre la pauvreté; le secteur des ressources
halieutiques peut être cette ressource entre autres.
L'élaboration de la présente stratégie nationale et des programmes
prioritaires de développement et de gestion des ressources halieutiques trouve
sa justification dans la nécessité de recadrage de la stratégie adoptée en 1997
pour prendre en compte les nouvelles orientations de développement du
gouvernement et donner un dynamisme nouveau au développement du secteur.
Un état des lieux a été fait. Le secteur présente des atouts et opportunités
pour son développement, parmi lesquels on peut citer : un potentiel relativement
important de développement aussi bien de la pêche de capture que de
l'aquaculture, une demande de poisson importante, la volonté politique actuelle
de développer tous les secteurs d'activités du monde rural Cependant, des
contraintes majeures subsistent et qu'il convient de lever pour mieux valoriser
ces atouts et opportunités dont notamment :
- la tendance de plus en plus marquée à la
surexploitation des ressources halieutiques et à la dégradation de leurs
habitats;
- le déficit de plus en plus croissant entre l’offre et
la demande de poisson ;
- la marginalisation de la production aqricole.
La présente stratégie donne les grands axes d’intervention de l’Etat et des
autres acteurs du développement dans le secteur afin de mieux contribuer à la
sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté par une exploitation
optimale et durable des ressources halieutiques avec la participation des
populations et une diversification de leurs modes de production. Elle vise
spécifiquement à :
- Accroître durablement la production de la pêche de
capture de l’ordre de 15% à l’horizon 2010 ;
- Promouvoir l’aquaculture ;
- Contribuer à la conservation et à la restauration des
écosystèmes aquatiques;
- Promouvoir la qualité et l’utilisation optimale des
productions halieutiques ;
- Générer des emplois et des revenus stables en milieu rural.
Pour la période 2004-2008, cinq programmes prioritaires
ont été identifiés :
- Le programme « Accroissement de la production de la
pêche de capture »;
- Le programme « Promotion de l'aquaculture et de
diversification des productions halieutiques » ;
- Le programme « Valorisation des productions
halieutiques »;
- Le programme « Gestion participative et responsable
des ressources halieutiques » ;
- Le programme « Renforcement des capacités des acteurs de la filière
».
Pour la mise en œuvre de cette stratégie et des programmes prioritaires en
particulier, il s’avère nécessaire de prendre un certain nombre de mesures
d’accompagnement notamment l’adaptation de la législation au nouveau contexte
institutionnel, la prise de textes réglementaires favorisant l’aquaculture, la
prise en compte effective de l’aquaculture dans les aménagements
hydro-agricoles, la sécurisation foncière permettant l’investissement du privé
dans l’aquaculture, l’harmonisation avec le secteur de l’hydraulique des taxes à
payer par chaque utilisateur de l’eau, le contrôle de la population de
crocodiles dans certaines régions du pays et l’exploitation des ressources
halieutiques dans les aires de faune. D’autres mesures d’ordre général
pourraient être prises favorisant la scolarisation et/ou l’alphabétisation des
acteurs à la base, l’accès au crédit, aux soins de santé, à l’eau potable, la
création et l’entretien des pistes des débarcadères aux centres d’écoulement des
produits de pêche.
Le budget prévisionnel pour la mise en œuvre des programmes prioritaires est
estimé à 9,5 milliards de francs CFA.
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