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Les journées nationales du paysan représentent des cadres
d’échanges entre le Président du Faso et les représentants des producteurs
de l’ensemble des provinces du Burkina Faso. Elles ont été initiées depuis
1993 et se sont déroulées de la façon suivante :
- Léo en décembre 1993 ;
- Djibo en mars 1996 ;
- Dédougou en avril 1998 ;
- Bogandé en avril 1999 ;
- Bagré en avril 2000 ;
- Banfora et Ouagadougou en mai et juin 2001 ;
- N’Dorola en décembre 2002.
En instituant les journées nationales du paysan, le Chef de l’Etat a
voulu consacrer un jour de l’année à 86 % de la population du Burkina Faso
et pour lesquels l’agriculture, au sens large du terme, représente le
principal pourvoyeur d’emplois et de revenus. A ce titre, le bilan des
journées peut se faire sous les angles politique, moral et économique.
Sur le plan politique, il s’agit d’une marque d’attention à l’endroit
des producteurs de la part des plus hautes autorités de l’Etat, ce qui est
à même de les galvaniser dans leurs efforts de production ;
Sur le plan moral, les producteurs ont le privilège de représenter
leurs associations de base auprès du Chef de l’Etat et ils en sont fiers.
Ils ont également la responsabilité de transmettre à leurs bases les
décisions et autres conclusions issues de l’entretien avec le Président du
Faso ;
Sur le plan économique, il s’agit essentiellement de l’impact sur la
promotion des productions agricoles.
Il y a lieu de noter la participation de plus en plus importante des
producteurs à ces journées. Ils n’étaient que trois cents (300) à Léo et
plus de neuf cents (900) à N’Dorola, ce qui traduit un engouement certain
pour cette manifestation.
Impact sur la promotion des productions agricoles
Si la journée nationale du paysan est une occasion privilégiée pour les
producteurs d’exposer au chef de l’Etat les différentes contraintes
auxquelles ils sont confrontés, elle permet également au Gouvernement et
aux producteurs de prendre des engagements visant à améliorer la
production et la productivité.
A titre d’exemple, lors des journées de Djibo et Dédougou, les
producteurs avaient pris les engagements suivants :
- accroître la production de coton ;
- accroître la production de riz ;
- lutter contre les effets dégradeurs persistants
de la désertification par des actions de conservation des eaux et des
sols ;
- développer l’élevage ;
- réaliser d’ici l’an 2000 l’objectif ‘‘un
ménage, une fosse fumière’’ ;
- développer les activités de fauche et de conservation du fourrage
naturel.
Pour la réalisation de ces engagements, les producteurs ont fourni de
grands efforts. C’est ainsi que les productions de céréales et de coton, à
l’exception de quelques campagnes agricoles marquées par des aléas
climatiques, ont connu une croissance notable d’environ 10 % par an.
Plusieurs milliers d’hectares ont été protégés par des diguettes et
l’aménagement des bas-fonds se poursuit à un grand rythme pour la
production de riz et de cultures maraîchères. La construction de fosses
fumières est devenue une habitude en milieu paysan, de même que la
production de fourrage et les activités de fauche et de conservation du
fourrage naturel.
L’Etat a toujours accompagné les producteurs dans la recherche de
solutions à leurs préoccupations, et à titre d’exemple également, il s’est
engagé à la journée nationale du paysan 2001 à Banfora à mener un certain
nombre d’opérations au profit des producteurs :
- lancer une opération 50 000 fosses fumières ;
- ouvrir une ligne de crédit de 500 millions de
FCFA réservée aux femmes au niveau du FAARF pour la maraîchéculture ;
- mettre en place une agence de promotion des
produits agricoles ;
- réaliser des petits périmètres irrigués ;
- reprendre l’opération SAAGA ;
- renforcer et réhabiliter des abattoirs ;
- recruter des agents d’encadrement ;
- etc.
Tous ces engagements ont été réalisés et la 7e édition de la journée
nationale du paysan a été l’occasion d’en faire le bilan exhaustif.
De nouveaux engagements ont été pris par les producteurs à N’Dorola le
14 décembre 2002 :
- réaliser 150 000 à 200 000 tonnes de maïs et de
niébé dans le cadre de la petite irrigation ;
- réaliser 200 000 fosses fumières ;
- œuvrer pour un excédent céréalier de 1 000 000
de tonnes au cours de la campagne agricole 2003-2004 ;
- généraliser l’utilisation des semences
sélectionnées, et ce grâce à la mise en œuvre du projet de développement
du secteur semencier au Burkina Faso ;
- relancer la filière d’exportation des fruits et
légumes ;
- procéder à la mise en place des chambres d’agriculture au cours de
2003.
D’autres activités menées dans le cadre des journées nationales du
paysan constituent également des sources de promotion des productions
agricoles. Il s’agit notamment des fora organisés à ces occasions comme
ceux sur les nouveaux acteurs, la petite irrigation et les moyens
d’exhaure et leur perfectionnement, les objectifs étant de sensibiliser et
d’amener le plus grand nombre de producteurs à adopter d’autres techniques
et moyens pour une plus grande production en volume et en qualité.
Il faut également souligner que les thèmes des journées nationales du
paysan (production et utilisation de semences améliorées, promotion de la
petite irrigation villageoise…) constituent en eux-mêmes des appels lancés
à l’endroit des producteurs pour qu'ils se remettent en cause dans la
mesure où les pratiques culturales séculaires ont montré leurs
limites.
Divers dons (semences, engrais matériel agricole…) faits aux paysans
viennent également compléter la série des mesures prises pour la promotion
de l’agriculture burkinabé.

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